Enfant turbulent, la pratique du sport ne suffisait pas à canaliser mon énergie débordante. Mon grand-père paternel m’avait alors incité à peindre. Une révélation ! J’ai commencé par la peinture à l’eau sur des panneaux de contreplaqué, avant de passer, à onze ans, à d’autres techniques et aux châssis entoilés.
À cet âge-là, j’étais fasciné par les feux d’artifice. Quelle frustration de ne pouvoir en profiter que le 14-Juillet, à la Saint‑Sylvestre et lors de rares autres occasions ! J’ai alors eu l’idée de les transposer sur la toile pour pouvoir en profiter toute l’année.
Cette fascination pour les feux d’artifice ne m’a jamais quitté et ce motif inspiré par les feux d’artifice est devenu ma signature artistique.
De Scandinavie en Namibie, de New York à New Delhi, mes voyages nourrissent mon inspiration. Ils sont la force motrice de mon processus créatif.
Le voyage a cette faculté d’éveiller notre curiosité et de réjouir nos sens. Il transporte aussi bien notre corps que notre esprit dans un univers différent. Il nous pousse à rompre avec nos habitudes et à prendre de la distance avec nos préjugés.
Chaque nouvelle destination éveille des impressions et des sensations que je dois exprimer sur la toile.
Peindre est une activité solitaire face à la toile. Elle ne prend tout son sens que lorsqu’elle est partagée.
Ma première exposition personnelle significative s’est tenue en 2003 à la galerie Sofitel à Strasbourg. J’étais le plus jeune artiste à y avoir exposé. Le vernissage avait lieu début décembre, dans l’ambiance du Marché de Noël de Strasbourg et deux jours avant mes vingt ans. Je garde des souvenirs très précis de ce moment.
Ce soir-là, le responsable des expositions partageait avec les invités sa satisfaction de m’avoir « découvert ». Il m’avait recommandé de prévoir des pastilles adhésives rouges à coller sur les cartels des œuvres vendues. À ma grande surprise, à la fin de la soirée, la planche de pastilles était bien entamée.
Lors du finissage, il m’avait fait promettre de continuer à exposer mon travail. J’ai depuis régulièrement exposé dans différents lieux, notamment en Alsace et à Lyon.

Peintre autodidacte, j’ai toujours eu un réel plaisir à apprendre les techniques par moi-même et à expérimenter de nouveaux procédés.
Peindre est pour moi un exutoire, une sensation de liberté qui me permet de savourer la fulgurance de l’instant présent. Le travail sur la toile est un équilibre mouvant entre méditation en pleine conscience et lâcher-prise.

Entre 2017 et 2020, j’ai voulu explorer un autre mode de narration, matérialisé par la série Carrés de ciel.
Chaque composition saisit un morceau de ciel – un instant suspendu – sur une toile de format carré.

Je suis ensuite revenu à mon motif-signature, mon marqueur graphique. Ce motif qui s’exprime par différents reliefs, tailles, formes, textures, associations de pigments et de nuances.
Chaque motif est unique et doté de sa propre identité. Sous l’impulsion de la spatule, il prend vie. Mais c’est à travers le regard du spectateur qu’il évolue, se révèle et devient une forme de langage universel. Par la magie de la paréidolie, chacun peut en faire sa propre interprétation : étoile, éclat de lumière, soleil brillant, fleur épanouie, vue aérienne d’une ville tentaculaire, feu d’artifice scintillant, feuillage d’un palmier animé par les alizés… Le champ des possibles est infini.
Chaque toile est le reflet d’une émotion, d’une rencontre, d’une expérience, d’une réflexion ou d’un rêve parfois éveillé. Une fenêtre ouverte sur le monde.



