J’ai commencé à peindre à l’âge de onze ans. Mon grand-père avait compris que cette activité pouvait m’aider à canaliser mon énergie. En m’encourageant à peindre, il était loin d’imaginer que cette intuition tracerait un chemin que je poursuis encore aujourd’hui.
Je suis très vite passé du panneau de contreplaqué à la toile. Ce changement m’a ouvert un espace d’expression plus vaste, dans lequel les couleurs peuvent se déployer librement. La peinture est alors devenue une manière d’exprimer ce que je ne savais pas encore formuler avec des mots. Pour moi, le travail sur la toile repose sur un équilibre mouvant entre méditation en pleine conscience et lâcher-prise.
Les feux d’artifice ont toujours exercé sur moi une fascination particulière. Enfant, j’étais captivé par leur intensité et leur mouvement dans le ciel. Ces éclats nocturnes, aussi rares que fugitifs, disparaissaient toujours trop vite. J’ai alors commencé à les peindre pour prolonger leur présence. Sans en avoir conscience, je posais les bases d’un motif qui allait devenir ma signature artistique.
Unique et doté de sa propre identité, chaque motif s’exprime par différents reliefs, tailles, textures, associations de pigments et de nuances. Sous l’impulsion de la spatule, il prend vie. Mais c’est dans le regard du spectateur qu’il évolue et se révèle.
Je vis et travaille à Strasbourg, en Alsace, mon port d’attache entre deux départs. Le voyage est devenu pour moi une source essentielle d’ouverture et de découverte. J’ai exploré plus de cinquante pays, avec la volonté de rencontrer d’autres cultures, de m’éloigner de mes repères et de confronter mon regard à de nouveaux horizons. Du Cap Nord à la Namibie, du Canada au Japon, en passant par l’Inde et l’Ouzbékistan, chaque destination nourrit ma mémoire d’images, d’émotions et d’impressions durables.
Ces expériences aiguisent ma curiosité et ma sensibilité, enrichissent ma perception des couleurs et modifient ma manière d’observer la lumière, les espaces et les contrastes. Strasbourg demeure le lieu du retour et de mon atelier. Celui où je rassemble ces influences pour les transposer dans mon travail.
En 2003, une rencontre a donné une nouvelle impulsion à ma trajectoire artistique. Le responsable des expositions de la galerie du Sofitel Strasbourg m’avait proposé d’y présenter mes compositions. J’étais alors le plus jeune artiste à exposer dans cet espace.
Avant le vernissage, il m’avait conseillé de prévoir des pastilles rouges pour identifier les tableaux vendus. Je ne pensais pas en avoir besoin. Pourtant, à la fin de la soirée, une grande partie d’entre elles avait déjà trouvé sa place sur les cartels, à côté des œuvres. Ce moment reste gravé dans ma mémoire, non seulement pour l’accueil réservé à mes compositions, mais surtout parce qu’il a marqué ma première véritable rencontre avec le public.
Lors du finissage, il m’avait fait promettre de continuer à exposer mon travail. Depuis, j’ai régulièrement présenté mes œuvres dans différents lieux, notamment en Alsace et à Lyon.
Au fil des années, la peinture s’est imposée comme le fil conducteur de mon parcours. Elle accompagne mes explorations et les différentes étapes de mon cheminement. Ce lien construit dans la durée a progressivement transformé une fascination d’enfant en un engagement artistique, porté par le besoin de créer et de partager.



